Sud Ouest, paru le Mardi 6 Février 2007
BEAUREGARD-DE-TERRASSON. --Les deux jeunes qui ont agressé Gérard Boban dimanche sont encore en garde-à-vue
L'arbitre agressé veut renoncer
:Pauline Pierri
T ous les protagonistes de la bagarre qui a terni dimanche l'après-match opposant Beauregard-de-Terrasson et Payzac sont sortis de l'hôpital de Brive hier.
L'arbitre, Gérard Boban, a rejoint son domicile de Payzac. Ses deux agresseurs ont été placés en garde-à-vue à la gendarmerie de Terrasson lundi matin.
Dimanche après-midi, le match touchait à sa fin. L'équipe de Beauregard menait mais à la 85e minutes de jeu, un but de Payzac amène le score à égalité. L'équipe de Beauregard estime qu'il y avait hors-jeu, et manifeste son mécontentement. « Cela s'est un peu envenimé, mais il n'y a pas eu de violences sur le terrain », assure le président du club de Beauregard, Denis Galinat, qui précise qu'il ne connaît pas le deuxième agresseur et lui dénie même le titre de « supporter ».
« Facho ». L'arbitre de touche qui a accordé le but se fait traiter de « facho ». Il décide d'interrompre ce match de lever de rideau à la 87e minute.
L'arbitre bénévole reprend alors la route de Payzac. À 2,5 km du terrain, sur la route du Lardin, il se retrouve derrière la voiture d'un joueur, accompagné d'un passager qui est son cousin. « Ils roulaient doucement en zigzaguant pour m'empêcher de les doubler et de passer. À un moment, ils ont mordu le bas-côté et la voiture s'est retournée sur le toit dans le talus. Je me suis arrêté pour leur porter secours », explique Gérard Boban.
Le joueur de l'équipe de Beauregard sort alors du véhicule et donne à l'arbitre des coups de poing. Son cousin, le passager, s'extrait un peu après de l'habitacle. Il voit le joueur porter des coups et se dirige vers la voiture de Gérard Boban qu'il dégrade à coup de pieds et peut-être avec un objet métallique, enfonçant la tôle et cassant les pare-brise avant et arrière.
Énervés. Les deux jeunes gens assurent qu'ils n'ont pas volontairement emprunté la même route que l'arbitre. « C'est l'accident qui nous a énervés, car nous estimons que c'est lui qui l'a provoqué », ont-ils déclaré aux enquêteurs. Gérard Boban confirme que les seules paroles de son agresseur ont été : « Tout ça, c'est de ta faute ».
L'enquête se poursuit, notamment pour éclaircir ce qui a justifié de la part des deux jeunes gens une telle violence. Âgés de 20 et 21 ans, ils habitent tous les deux Terrasson et n'ont jamais eu affaire à la justice auparavant.
L'arbitre, pour sa part, envisage d'abandonner son activité bénévole sur les stades. Il devrait être entendu aujourd'hui par les enquêteurs, ainsi que les témoins.